Fred et Pierre se marient
Fred et Pierre se marient
 

La fable des dindes, des ânes et des fourmis

 

 

Les dindes, les ânes et les fourmis

 

Depuis toujours, nous savons que sur notre Terre

Cohabitent plusieurs espèces, à plumes, à poils,ceci est salutaire 

Il y a parfois dans cette joyeuse basse-cour

Quelques spécimens rares mais ô combien glamour

 

J'en veux pour preuve la saga du printemps

Qui secoua les dindes en kilts, lodens verts et rubans

Montées bien haut sur le fumier de la grange,

les deux pieds dans la m.... pour faire tourner le vent

 

Après un feuilleton que l'on pu croire sans fin

Où, grâce à ses talents, je nommerai la fourmi Christiane,

Et par sa misérable opposante, la dinde  royale Boutin

Vous voici enfin vainqueurs des dindes et avec, du troupeau d'ânes

 

Point n'était certain au commencement de l'histoire

Que la dinde Boutin ose à se point se pâmer

A la vue face à elle, de tant de dindons, il est vrai

Tous en uniforme... cela donne des idées !

 

Devant l'émotion d'une dinde, il est vrai, je m'incline

Afin de rendre hommage à la dinde Christine

Car à la dinde Frigide, de trente ans sa cadette

La fourbe a volé, sans vergogne, grains de blé et vedette

 

Car c'est la dinde Frigide qui a tout initié

Une dinde blonde, mais une dinde décolorée

Fatiguée de glouglouter à son coq de Basile

Qu'il lui faut à tout prix devenir zoophile

 

Elle s'est senti des ailes la Barjot du XV ème

Pour tous nous ramener dans son beau HLM

Et si possible aussi dans la maison des cieux

Et exaucer des ânes, les plus pieux de leurs voeux

 

 

 

Il n'est point de dinde au coeur généreux

Au royaume des dindonniers

Il faut aux dindes oeuvrer sans relâche ni pitié

pour que les dindonneaux « un papa une maman » puissent glouglouter

 

Car ces pauvres poussins ne pourront recevoir

Une légitimité chez les galinacés

Sans cela il est vrai qu'ils ne pourront s'échoir

ligotés et bardés au fond d'un plat beurré

 

A ce point de la farce, je voudrais ajouter

Que les petits poussins sont déjà parmi nous

Et que si la confrérie des dindes ne veut donner bénédiction

Les autres animaux la leur accorderont

 

Mais pour les dindes rivées à leur tas de fumier

Mon coeur m'oblige à quelque compassion

Car en fait, quel est le rôle de ces têtes enrubanées

Les claques, assurément, sans pitié ni sommation

 

Tant de vanité mérite bien en effet

Que la distribution puisse en fait commencer

Si au détour d'un chemin une dinde vous croisez

Armez donc sans souci la machine à baffer

 

Ne réfléchissez point car il nous faut savoir

Que la victoire est belle, juste et méritée

Mais les dindes et les ânes sont loin de se raréfier

Et vous n'êtes pas tous seul à les rêver grillées.

 

Cette victoire est la vôtre mais aussi je l'espère

Celle de nos poussins, légitimes, naturels, adultérins

Qui comme tous les poussins ont aujourd'hui le droit

De faire les mêmes erreurs que les dindes et les rois

 

Jusque là réservés aux dindes et aux dindons

Soucieux de transmettre à leurs petits poussins

Un nom, un héritage, une profession de foi

Un petit peu de nous, un petit peu de rien

Le chemin sera parsemé de fumier de Boutin

De Frigide en tout genre, oui, cela est certain

Mais la machine à baffe sera entretenue

Par tous les poussins nés de dinde inconnue

 

A toutes les dindes, ânes et boudins réunis

Je dirais juste « des poussins oui, mais des poussins qui votent »

Qui votent pour que le temps des fermes soit enfin révolu

Et pour que les tchadors brûlent au fond d'une grotte

 

Nous sommes des fourmis

C'est ainsi qu'on le dit

Et bien des fourmis, ma foi, nous voulons le rester

Sans être les dindons des dindes excitées

 

Nous voulons une fourmillière en tout point équitable

Sans maître à penser sur son tas de fumier

Avec des courants d'air et de très grandes tables

Pour que les dindes enfin, aillent se faire plumer

 

Alors ce soir, il me vient une idée

Les fourmis que nous sommes, ensemble, nous pourrions

A Frigide Boutin un alléluia chanter

Car loin d'être des ânes nous nous réjouissons

 

Et leur dire par la même qu'il arrive parfois

Surtout lorsque sonnent les cloches des rois

A côté du sapin et des cadeaux au pied

Aux dindes enrubannées de finir toute bardées

 

Toute dinde rêve de son jour de gloire

Cela n'est pas nouveau, mais cependant risqué

Car la gloire a parfois des allures de rotissoire

Pour celles qui ont cru qu'elle pouvaient aboyer

 

N'est pas un chien qui veut

Et les petites marquises sont parfois étourdies

Elles rêvent d'être reines en ce monde joyeux

J'ajoute qu'une bonne dinde est une dinde rôtie.